On a connu Camille canaille dans le siège confortable de l’easy-listening de Nouvelle Vague, un peu à l’étroit dans la chanson française de son Sac des Filles, SI-tuationniste avec son Fil, acrobate au-dessus de son Music-Hole… Avec Ilo Veyou, elle est un peu tout cela, et rien à la fois. Elle est Maman. Le centre de l’univers qu’elle cherchait dans Music-Hole, elle l’a trouvé. Sa soif de maîtrise totale de son environnement n’a plus à passer par les prouesses techniques du Fil.
Camille est là, juste là. À la tête d’une chorale d’enfants, à la direction de musiciens classiques dévoyés dans une pratique pop de leur maestria, dans les registres qui lui chantent, du folk médiéval à la parodie de chanson française, de la bluette aux comptines. Et toujours, toujours, cette écriture qui zigzague entre des métaphores trop éthérées pour être attrapées au vol, et des réalités dites trop crument pour être directement assimilées. Camille n’a plus rien à prouver au monde, et sans doute plus rien à se prouver à elle-même. Ce qui semble compter bien plus encore, et la libérer. Ilo Veyou un disque sincère, aussi touchant qu’abouti.









